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Texte de : Guy Benjamin - Du journal Le Soleil
Voici un texte écrit par Guy Benjamen qui démontre bien ce que l'alcool au volant peut faire dans la vie des personnes impliqueés mais aussi dans les familles (Québec) La publicité de la Société de l'assurance automobile du Québec selon laquelle l'alcool au volant brise des vies a pris tout son sens hier au palais de justice de Québec à l'occasion des représentations sur la peine à imposer à Benoît Renaud, coupable de conduite avec les capacités affaiblies causant la mort. L'émotion était à son comble dans une salle, où deux familles touchées par l'accident pleuraient et ont témoigné sur les conséquences du drame survenu le 10 juin 2007, sur le chemin Saint-Louis, à Sainte-Foy, sans jamais exprimer de rancune. Cette nuit-là, Benoît Renaud roulait à vive allure, a perdu la maîtrise de sa voiture et a heurté celle conduite par Nathalie Roy, 28 ans. L'accusé n'avait que 18 ans et détenait un permis probatoire. C'était donc tolérance zéro pour lui en ce qui concerne l'alcool. Peu de temps après son arrestation, Benoît Renaud a dit aux policiers qu'il aurait préféré mourir à la place de la victime. Pensée qui le hante encore aujourd'hui. «Je m'excuse du plus profond de mon coeur. J'aimerais revenir en arrière», a dit l'accusé à l'intention de la vingtaine de membres de la famille et amis de la victime. «J'ai beaucoup de misère à vivre, je me sens très coupable», a dit Renaud, ajoutant qu'il pense à cette tragédie tous les jours, ce qui lui cause des difficultés de sommeil. Les proches de la victime tenaient à raconter au tribunal les conséquences de ce drame sur leur vie. «La mort est la plus présente des absences», a dit André Roy, le père de la victime.
Dans une lettre lue devant le tribunal en refoulant ses sanglots, le père a dit qu'il n'oubliera jamais avoir vu sa fille pour la dernière fois à la morgue, «ses beaux yeux bleus sans expression pour la première fois». Julie, la soeur de la victime, a elle aussi lu une lettre dont le but était de permettre à Benoît Renaud de mieux connaître sa victime. «Je vais vous raconter l'histoire de ma famille pour qu'il sache ce qu'il a détruit.» Elle a conclu son message en déclarant que tout ça n'aurait pas dû arriver. «On ne peut pas jouer avec la vie comme ça.» L'accuséLa famille de l'accusé vit aussi des moments difficiles. «C'est l'enfer à la maison, une situation impossible à vivre pour nous», a déclaré la mère du jeune accusé. «Chez nous aussi, c'est un drame. On comprend le drame que vous vivez», a dit la mère en se tournant vers la famille de la victime. Depuis l'accident, l'accusé n'a consommé ni drogue ni alcool, ses parents le soumettant à des tests d'urine aléatoires. Dès qu'il reçoit un appel, le jeune homme doit se rendre chez le médecin pour fournir un échantillon. Les neuf tests se sont révélés négatifs. Selon le témoignage d'un psychologue, le sentiment de culpabilité chez l'accusé est tellement profond que le risque de récidive est pratiquement nul. Compte tenu des remords sincères de l'accusé, de son cheminement depuis l'accident et de son plaidoyer de culpabilité, «j'ose prétendre que ce jeune homme devrait bénéficier d'une peine de deux ans moins un jour à purger dans la collectivité», a dit l'avocat de la défense, Me Serge Goulet. La poursuite réclame une peine de trois ans d'emprisonnement avec une interdiction de conduire pendant cinq ans. Me Jean-Roch Parent a souligné que la conduite avec les capacités affaiblies est le crime causant le plus de morts au pays, et que les 18 à 25 ans en sont les plus grands responsables. Le juge Michel Babin tranchera le 9 janvier. |